Les femmes écrivent, les talibans effacent

Chaque nuit, à Kaboul et à Herat, les militantes du Mouvement spontané des femmes afghanes écrivent des slogans anti-talibans et leurs revendications sur les murs des villes, mais les talibans les effacent. Le gouvernement anti-femmes des talibans a peur des manifestations de femmes et de l’éveil de leur protestation. Ils font tout ce qui est possible pour tenter de le supprimer. Les services de renseignement talibans essayent d’identifier, d’arrêter et de torturer les manifestantes. 

Les manifestantes obtiennent le soutien de leurs familles et des hommes

Les talibans ont brutalement interdit les manifestations des femmes dans la rue et ont emprisonné des manifestantes, mais les femmes n’ont jamais reculé et leur lutte continue. Cette mobilisation n’a non seulement pas diminué d’un point de vue numérique, mais elle s’étend au sein des familles et des foyers et gagne le soutien des hommes. Sayed Akram, un habitant de Kaboul père de trois filles, est inquiet pour leur éducation et leur avenir. Alors il soutient leur lutte pour la réouverture des écoles et des universités. 

Ruhollah, de la province de Nangarhar, qui a perdu la vue pendant la guerre, s’inquiète des problèmes économiques de sa famille. Il explique que sa femme était la seule à pouvoir subvenir aux besoins du foyer car elle travaillait dans une institution étrangère. Mais depuis que les talibans ont interdit aux femmes de travailler dans ces institutions, nationales ou étrangères, elle a perdu son travail et ne peut plus subvenir aux besoins de la famille. Ruhollah appelle les hommes et les jeunes à soutenir les manifestations des femmes pour du pain, l’éducation et la liberté.

Les demandes des femmes afghanes se radicalisent

Les manifestations des femmes afghanes ont commencé à Kaboul et dans d’autres villes d’Afghanistan au moment où les talibans sont revenus au pouvoir en août 2021. Depuis le début, le slogan « pain, travail, liberté » était au cœur de ces manifestations. Le Mouvement spontané des femmes afghanes n’a jamais abandonné le champ de bataille malgré la répression, la torture et les menaces d’emprisonnement par les talibans, et il continue à se battre pour leurs droits. 

Certaines femmes, affiliées au Front national de résistance sous le commandement d’anciens chefs de guerre et violateurs des droits humains, ainsi que des femmes qui occupaient des positions importantes dans l’ex-gouvernement d’Ashraf Ghani, ont essayé de saboter ces manifestations. Afin d’obtenir une place dans le gouvernement taliban, elles ont essayé de passer des accords avec eux, y compris en dénonçant et en vendant les manifestantes. Cependant, femmes et jeunes filles d’Afghanistan sont désormais au courant. Elles ont assez d’expérience pour ne pas tomber dans le piège des accords secrets avec les talibans et des prétendus « résistants » manipulés par des États fauteurs de guerre. 

Le Mouvement spontané des femmes afghanes ne combat pas seulement pour « le pain, l’éducation, le travail et la liberté » des femmes. Il croit aussi que, sous le gouvernement taliban, comme sous le prétendu gouvernement fédéral composé de talibans, d’anciens chefs de guerre et d’anciens fonctionnaires corrompus du gouvernement d’Ashraf Ghani et de Hamid Karzaï, il est impossible pour les femmes d’obtenir leurs droits, la liberté et la protection sociale. Ainsi, les femmes et le peuple d’Afghanistan n’acceptent ni le gouvernement des talibans ni le retour des fonctionnaires corrompus du précédent gouvernement. Les femmes afghanes veulent le renversement du gouvernement des talibans et l’établissement d’un gouvernement laïque et démocratique. 

Lettre à M. Emmanuel Macron

À 
Monsieur Emmanuel MACRON 

Palais de l’Élysée 
55 Rue du Faubourg Saint-Honoré 
75008 Paris 

Le 29 décembre 2022, 

Monsieur le Président, 

Le Comité international pour la défense des femmes afghanes a été constitué le 29 octobre dernier lors d’une conférence internationale de défense des femmes travailleuses réunie en France, en Seine-et-Marne, avec la participation de représentantes et de représentants d’organisations et de militants des droits des femmes, des droits ouvriers et démocratiques de dix-neuf pays. 

Depuis, ce comité s’est élargi. Il a recueilli des milliers d’adhésions dans plus de 30 pays. Nous sommes en France près d’un millier à l’avoir rejoint, militantes et militants des droits ouvriers, des droits des femmes, des droits démocratiques, artistes, écrivains, responsables syndicaux, élus, avocats… 

Au-delà de la diversité de nos opinions, nous partageons une même volonté de voir aboutir les demandes que nous a communiquées le « Mouvement spontané des femmes afghanes qui manifestent » à l’origine de notre initiative. 

Le « Mouvement spontané des femmes afghanes qui manifestent » organise nombre de manifestations par lesquelles, depuis plusieurs mois à Kaboul et dans d’autres villes du pays, ces femmes revendiquent publiquement et courageusement le rétablissement du droit à la scolarité pour les jeunes filles, le droit d’étudier à l’université et, plus généralement l’égalité des droits entre les femmes et les hommes.

Depuis la constitution de notre comité, les nouvelles les plus alarmantes nous parviennent. En particulier celle de l’interdiction d’entrer à l’université. Des milliers d’étudiantes se voient donc contraintes d’abandonner leurs études. 

La raison pour laquelle nous nous adressons à vous est la suivante : le « Mouvement spontané des femmes afghanes qui manifestent » qui nous a sollicités pour constituer ce comité international nous a transmis six demandes que nous faisons nôtres. 

1. Constituer un comité international pour la défense des manifestantes d’Afghanistan.
2. Demander le soutien des principales organisations internationales de défense des droits des femmes et des droits de l’homme afin d’identifier les femmes emprisonnées dans les prisons officielles et privées des talibans.
3. Lancer une campagne internationale pour la libération des manifestantes des prisons talibanes.
4. Faire pression pour la protection des femmes recherchées et en danger en Afghanistan.
5. Créer une solidarité internationale des femmes avec les femmes combattantes en Afghanistan.
6. Collecter des aides financières pour les familles des femmes emprisonnées et recherchées.

L’une en particulier requiert votre intervention : assurer « la protection des femmes recherchées et en danger en Afghanistan ». 

Le « Mouvement spontané des femmes afghanes qui manifestent » nous a transmis une liste nominale de 43 de ces militantes des droits des femmes, enseignantes, féministes dont la vie est menacée. 

Aussi sollicitons-nous de votre part d’être reçus afin de vous remettre le dossier de ces femmes persécutées et menacées dans leur vie auxquelles la France s’honorerait d’accorder asile et protection. Au-delà, cela nous permettrait de vous transmettre les communications de ces femmes afghanes qui ne renoncent pas à manifester à visage découvert pour faire prévaloir le droit imprescriptible à l’égalité totale et dans tous les domaines des femmes et des hommes. 

Nous espérons, Monsieur le Président, que vous voudrez bien accorder à la cause des femmes afghanes toute l’importance qu’elle mérite. 

En espérant recevoir une réponse positive de votre part, soyez assuré monsieur le Président de notre attachement indéfectible à la cause de la démocratie et des droits des femmes. 

Christel Keiser, co-coordinatrice (avec Rubina Jamil – Pakistan) du Comité international de défense des femmes afghanes ; 
Nassera Benmarnia, adjointe au maire de Marseille, DVG ; 
Kamel Brahmi, responsable syndical départemental (Seine-Saint-Denis) ; 
Cécile Brandely, avocate (Toulouse) ; 
Rony Brauman, ancien président de Médecins sans frontières ; 
Mama Doucouré, conseillère municipale de Montreuil, déléguée aux droits des femmes, PCF ; 
Martine Dupuy, co-secrétaire nationale du POID ;
Lydia Frantzel, élue EELV à la mairie de Marseille et à la métropole Marseille-Provence ; 
Sylvie Gohier, secrétaire union locale CGT de Dreux ; 
Brigitte Jeannot, avocate (Meurthe-et-Moselle) ; 
Régine Komokoli-Nakoafio, conseillère départementaledéléguée à la protection maternelle et infantile, à la petite enfance et à la parentalité (Ille-et-Vilaine) ; 
Emilie Marche, conseillère régionale LFI d’Auvergne-Rhône-Alpes ; 
Pascal Mazet, conseiller régional Occitanie, PCF ; 
Reynald Millot, syndicaliste (Yonne) ; 
Elisabeth Ornago, syndicaliste (Hauts-de-Seine) ; 
Reza Painchan, syndicaliste (Seine-Saint-Denis) ; 
Clothilde Vega-Ritter, conseillère municipale PS de Clichy 

Communiqué n°2 – 28 décembre 2022

Madame, Monsieur, Cher(e)s ami(e)s et Cher(e)s camarades,

Comment ne pas être révoltés par la décision que vient de prendre le gouvernement des talibans, le 20 décembre, de fermer les portes de toutes les universités publiques et privées, aux étudiantes ? Ceci après avoir fermé les portes des écoles aux jeunes filles, et celles des services publics aux femmes qui y travaillaient, puis avoir interdit aux femmes l’accès aux parcs et bains publics. Après avoir réprimé et assassiné celles et ceux qui s’opposent, y compris dans des manifestations, à ces mesures rétrogrades.

Et comment ne pas partager l’indignation du Mouvement spontané des femmes afghanes sur le silence et la complicité de la « communauté internationale » qui verse, comme elles l’écrivent, des « larmes de crocodiles » sur le sort des femmes et des jeunes filles d’Afghanistan.

Alors, nous sommes fières de faire circuler dans ce second communiqué les informations qui nous parviennent d’Afghanistan depuis le 20 décembre, et en particulier le récit et les photos des manifestations d’étudiantes qui se sont déroulées non seu- lement à Kaboul mais aussi dans de nombreuses universités de province.

L’existence et l’activité de notre Comité international, constitué le 29 octobre dernier, sont plus que jamais justifiées pour que soit relayé le plus largement possible le combat du Mouvement spontané des femmes afghanes. Et pour que, partout où cela est possible, nous interpelions les autorités de nos pays – en particulier dans les grandes puissances – afin qu’elles accor- dent sans condition le droit d’asile aux femmes et aux militantes les plus menacées.

Faites connaître le Comité international de défense des femmes afghanes !

Christel KEISER
Secrétaire nationale du Parti ouvrier indépendant Démocratique (France)

Rubina JAMIL
Secrétaire générale de la All Pakistan Trade Union Federation (Pakistan)


Le 29 octobre, des travailleuses et militantes de dix-neuf pays, réunies dans la conférence internationale des femmes travailleuses, saisies par le Mouvement spontané des femmes afghanes, décidaient de constituer le Comité international de défense des femmes afghanes et appelaient à le rejoindre.

Depuis ont été enregistrées plusieurs milliers d’adhésions en France, en Roumanie, au Bénin, en Italie, au Pakistan, en Grande‑Bretagne, en Allemagne, aux États‑Unis et au Mexique. Vous aussi, rejoignez le Comité international de défense des femmes afghanes, faites‑le connaître autour de vous.

Rejoignez le Comité International


Demonstrations in Kabul, Parwan...

Manifestation à Kaboul, Parwan…

Les talibans ont interdit aux jeunes filles d’étudier à l’université

Par un décret du 20 décembre 2022, le gouvernement taliban en Afghanistan a décidé de fermer les portes de toutes les universités, publiques et privées, aux jeunes filles afghanes. Mercredi, alors que certaines étudiantes entamaient leur dernière semaine d’examens, et que d’autres voulaient assister à leurs cours, la police religieuse des talibans leur a interdit d’entrer dans les universités et d’assister à leurs cours.

Alors que la lutte acharnée et les protestations se poursuivaient pour la réouverture des portes des écoles de filles, de la sixième à la douzième année, fermées par l’administration misogyne des talibans, celle-ci a non seulement ignoré cette exigence légitime des femmes et des jeunes filles, mais avec son décret, elle les prive également de l’accès à l’enseignement supérieur.

Mojdeh Azim, étudiante en quatrième année à l’université de Herat, déclare : « Je n’ai jamais été aussi bouleversée que lorsque j’ai appris que nous n’avions plus le droit d’aller à l’université. » Sabra, étudiante à l’université de Kaboul, se demande pourquoi le monde entier se tait face à « l’oppression des talibans » et ne manifeste aucune réaction. « C’est inacceptable pour une fille comme moi qui suis arrivée ici après avoir économisé de l’argent pendant seize ans à coudre de la broderie et tissé des tapis, parce que je voulais devenir médecin. J’ai étudié de tout mon cœur pendant quatre ans. Il ne me restait qu’une année pour terminer l’université ». Sakineh Sama, l’une des étudiantes de troisième année de l’université de Kaboul, a écrit sur sa page Facebook qu’elle n’est plus autorisée à entrer à l’université « parce qu’elle est née fille ». Elle a ajouté : « Être une fille est un crime lourd, et ce soir je veux maudire mon créateur pour m’avoir faite ainsi, misérable et humiliée. »

En réponse à cette décision inhumaine et discriminatoire du gouvernement taliban, des étudiantes et étudiants ont manifesté dans différentes provinces, notamment à Nangarhar, Kaboul et Takhar, scandant : « L’enseignement pour tous ou pour personne ! » ; « Enseignement supérieur, travail et liberté ! », « Compatriotes, rejoignez- nous ! », « La neutralité est déshonorante ! » À Kaboul et dans la province de Takhar, les talibans ont violemment réprimé les manifestations de femmes, battu les manifestantes, pris leurs téléphones portables, tiré en l’air et détenu au moins dix manifestantes et plusieurs journalistes. À l’université de médecine de Nangarhar, les étudiants hommes, par solidarité avec les étudiantes, ont quitté les classes et laissé leurs copies d’examen vierges.

Au cours des trois derniers jours, plus de soixante professeurs d’université à Kunduz, Kaboul, Kandahar, Takhar, Bamiyan, Nimroz, Herat, Balkh, Nangarhar et d’autres provinces ont démissionné de leurs fonctions pour protester contre la décision anti-femmes des Talibans, considérant que servir un tel régime obscurantiste et anti-femmes est une insulte à leur dignité humaine. Obaidullah Wardak a été le premier professeur à démissionner de son poste à l’université de Kaboul en raison de la discrimination systématique dont sont victimes les femmes. Enseignant à la faculté de mathématiques de l’université de Kaboul depuis dix ans, il déclare : « Avant, il y avait de nombreux problèmes dans le domaine de l’enseignement supérieur, mais avec cette dernière décision des Talibans, je ne peux malheureusement continuer mon travail dans de telles conditions et avec ce système ». Abdul Reza Motmaen, professeur à la faculté d’agriculture de l’université de Paktia, qui a publié sa lettre de démis- sion sur son compte Facebook, a déclaré que « travailler dans un tel environnement est une trahison ». Amir Arslan Khorasanpour, professeur à la faculté de journalisme de l’Institut d’enseignement supérieur Fanous de Kaboul, déclare : « C’est une décision qui paralyse la moitié de la société. Ce comportement des talibans m’a profondément déçu ».

Avant de prendre cette décision, les Talibans avaient déjà imposé des punitions brutales et inhumaines aux étudiantes. Par exemple en imposant le port du hijab, la présence d’un mahram (un « tuteur » selon la charia – NDT) lors des voyages, la séparation des classes de filles et de garçons, l’enseignement par des professeurs exclusivement féminins pour les étudiantes, la spécification de jours de classe séparés dans la semaine pour les filles et les garçons, etc.

…Manifestation à Nimroz. 

Pendant ce temps, Zalmay Khalilzad, l’ancien envoyé spécial des États-Unis pour l’Afghanistan et l’un des signataires de l’accord de Doha de février 2020 entre les États-Unis et les talibans, a qualifié de « choquante et incompréhensible » la récente décision des talibans d’interdire l’enseignement supérieur pour les jeunes filles. En fait, Khalilzad ne fait que verser des larmes de crocodile pour tromper les peuples du monde et de l’Afghanistan, et avec cette ridicule expression de sympathie, il prétend encore justifier l’accord de Doha, par lequel les États-Unis ont remis le pouvoir à ce groupe misogyne et obscurantiste. 

Mais pour les femmes afghanes, cette décision des talibans n’avait rien d’une surprise et était parfaitement prévisible. Désormais, il devrait être clair pour les gouvernements qui soutiennent le régime des talibans, qui leur accordent chaque semaine quarante millions de dollars d’aide, sur le fait qu’il n’y a eu aucune amélioration dans la façon dont les talibans se comportent à l’encontre des femmes, des droits civils et des libertés politiques. 

Depuis leur retour au pouvoir en août 2021, les talibans ont fait de l’Afghanistan un véritable enfer pour les femmes. Les talibans n’ont aucun plan pour réduire la pauvreté, créer des emplois ou fournir une aide sociale à ceux qui en ont besoin, si ce n’est par l’application de la charia, par l’asservissement des femmes, par la répression de toute expression de justice et la promotion de la violence et du terrorisme. 


Le Mouvement spontané des femmes afghanes, en condamnant cette décision et cette mesure des talibans contre les femmes, fait le serment que les femmes et les jeunes filles d’Afghanistan ne se soumettront à aucune répression et coercition des talibans, mais qu’elles poursuivront leurs protestations et leur lutte dans tout l’Afghanistan. Nous demandons aux mouvements de femmes et aux militants des droits des femmes du monde entier de se tenir aux côtés des femmes d’Afghanistan dans cette situation catastrophique et insupportable et soutenir la lutte pour la justice et l’égalité pour les femmes en Afghanistan. 
 

Mouvement spontané des femmes afghanes, 

22 décembre 2022, Kaboul, Afghanistan 

Les protestations des femmes afghanes se poursuivent et s’étendent à tout le pays

Suite à l’interdiction par les talibans du droit d’accès des femmes et des jeunes filles aux universités et aux écoles, femmes, jeunes filles, étudiants et jeunes ont manifesté leur colère et leur opposition de diverses manières et ont commencé à protester dans tout le pays, le dimanche 25 décembre 2022. Le mot d’ordre général de toutes ces manifestations était : « l’enseignement pour tous ou pour personne », ce qui indique le niveau de conscience et de solidarité du mouvement de protestation de la jeunesse afghane contre les talibans. Parallèlement aux manifestations de rue, les étudiants hommes, dans au moins dix universités de différentes provinces, se sont mis en grève et ont refusé d’assister aux cours. 

Dans les provinces de Parwan et Kapisa, les femmes manifestantes brandissaient les slogans suivants : « L’enseignement pour tous ou pour personne », « Justice, justice, nous sommes fatiguées de l’ignorance ! », « Levez-vous, chers compatriotes, reconquerrons les droits des femmes ! », « Nous, les femmes, sommes conscientes, nous détestons la discrimination ! », « L’Afghanistan a été détruit, sur ordre des talibans ! ». 

Dans la province de Nimroz, les manifestants contre l’interdiction de l’accès à l’enseignement supérieur pour les femmes ont déclaré que cette décision n’est justifiée ni par la charia ni par une quelconque cause rationnelle. Ils ont scandé : « le droit à l’enseignement pour tous ! » 

Dans la province de Herat, les femmes qui protestaient scandaient :  « N’ayez pas peur, n’ayez pas peur, nous sommes toutes ensemble ! ».  Elles ont condamné l’action misogyne des talibans en défilant dans les rues de la ville de Herat. Mais les talibans ont utilisé leurs fusils et leurs pistolets pour réprimer les manifestants. Dans une vidéo publiée, on peut voir que l’un des talibans tente de convaincre les jeunes filles protestataires d’abandonner la manifestation et de rentrer chez elles, mais une femme qui manifestait a répondu courageusement que les femmes sont restées chez elles pendant un an et qu’aucun problème n’a été résolu. 

Lors d’une autre action de protestation, des femmes et des jeunes filles de la province de Herat ont scandé « L’enseignement est notre droit ! », depuis le toit de leurs maisons, pendant la nuit. 

Dans la province de Kaboul, en plus des protestations courageuses et des slogans comme « Enseignement, travail et liberté », certaines jeunes filles ont distribué des stylos et des cahiers en ville aux passants en guise de cadeau en précisant : « N’oubliez pas que vous avez pu faire vos études ».

Lors d’une autre action de protestation, dimanche, dans la province de Kaboul, on voit dans une vidéo plusieurs personnes brûler des photos de dirigeants talibans et brandir le slogan « droit, justice, liberté » pour protester contre l’exclusion des jeunes filles de l’enseignement. 

Le refus des étudiants hommes

Manifestation à Nangarhar.

De même, dimanche, des étudiants de quatrième année de la faculté d’économie de l’université de Kaboul ont écrit dans une lettre de protestation que « la lutte contre les décisions discriminatoires est de notre responsabilité » et qu’ils ont décidé « de ne pas assister aux cours tant que les portes de l’université ne seront pas ouvertes à leurs sœurs ». Dans cette lettre de protestation, ils disent craindre que la décision des talibans ne conduise à une crise majeure de l’enseignement en Afghanistan et ne détruise l’avenir de plusieurs générations. 

Par ailleurs, dans leur lettre de protestation, les étudiants de quatrième année de la faculté d’ingénierie de l’urbanisme de l’université de Kaboul annoncent boycotter leurs cours jusqu’au retour des jeunes filles dans les universités et ont qualifié « d’injuste et d’illégitime » la décision des talibans d’interdire l’enseignement aux jeunes filles. 

Les étudiants en médecine de l’université de Herat et les étudiants de la faculté d’économie de l’université privée Ghalib ont annoncé, par solidarité avec les étudiantes, qu’ils n’assisteraient pas à leurs cours. 

De même, dans la province de Balkh, les étudiants hommes de la faculté d’informatique ont déclaré qu’ils n’assisteraient pas aux cours tant que les universités ne seraient pas rouvertes aux jeunes filles. 

Dans le prolongement des protestations, les étudiants de la faculté de géologie et des mines de l’université polytechnique de Kaboul ont également rejoint les manifestants, et dans leur déclaration, ils ont qualifié l’interdiction de l’enseignement pour les femmes « d’apartheid entre les sexes ». 

Un groupe d’étudiants hommes de l’Afghan Pamir Institute of Higher Education de Kaboul a protesté contre l’interdiction de l’enseignement supérieur pour les femmes et a quitté la salle d’examen, sans participer à l’épreuve. 

Cependant, dans la province de Kandahar, samedi, lorsque les étudiants de l’université Mirwais Nikah, qui prévoyaient de boycotter leur examen et de quitter l’université pour protester contre l’interdiction de l’enseignement supérieur pour les femmes, en ont été empêchés par les talibans qui les ont battus. 

Lors des manifestations de femmes et de jeunes dans les provinces de Nangarhar, Kaboul, Takhar, Herat, Kandahar, Balkh, Parwan et Kapisa, des dizaines de manifestants ont été battus et blessés, et des dizaines d’autres ont été arrêtés par les talibans et emmenés dans des lieux inconnus. 

Mouvement spontané des femmes afghanes, 
25 décembre 2022, Kaboul, Afghanistan 

Rejoignez le Comité International

Communiqué n°1 – 26 novembre 2022

Mesdames, messieurs, chères et chers amis et camarades,

Il y a un mois, à l’occasion de la Conférence internationale des femmes travailleuses, qui a réuni les femmes et des militantes politiques et syndicales de 18 pays (Algérie, Allemagne, Belgique, Bénin, Chili, Colombie, État espagnol, États-Unis, France, Haïti, Hongrie, Italie, Maroc, Mexique, Pakistan, Philippines, Roumanie, Turquie), et répondant positivement à l’appel du Mouvement spontané des femmes afghanes, nous avons constitué le Comité international de défense des femmes afghanes.

Ce comité international, comme nos sœurs d’Afghanistan nous l’ont demandé, vise à soutenir ces femmes et ces jeunes filles qui, au péril de leur vie, manifestent pour la réouverture des écoles dont le régime taliban leur a fermé les portes, pour le droit au travail, pour le respect de leurs droits les plus élémentaires. Il vise à lutter contre la répression féroce dont elles sont victimes : assassinats, torture, arrestations et disparitions, dans le silence complice des gouvernements des grandes puissances. « Pain, travail, liberté ! » demandent-elles. Vous êtes d’ores et déjà des centaines à travers le monde à voir rejoint notre comité, de l’Afrique du Sud à la Grande-Bretagne, de la Turquie à la France : ouvrières, enseignantes, avocates, syndicalistes, écrivaines, artistes, militantes, etc.

Dans ce premier communiqué, nous publions deux documents exceptionnels qui nous arrivent de Kaboul : deux communiqués du Mouvement spontané des femmes afghanes des 18 et 11 novembres et les photos des réunions qu’elles ont tenues ces derniers jours à Kaboul. Vous trouverez également deux premières listes de signataires, de Grande-Bretagne et de France. Rejoignez-nous, faites connaître la cause des femmes afghanes, c’est la cause des femmes et des travailleurs du monde entier !

Rubina JAMIL
Secrétaire générale de la All Pakistan Trade Union Federation (Pakistan)

Christel KEISER
Secrétaire nationale du Parti ouvrier indépendant Démocratique (France)


Communiqué du Mouvement spontané des femmes afghanes

 (18 novembre 2022- Kaboul, Afghanistan) 

« Les femmes et les jeunes filles veulent du pain, du travail, la liberté, l’école et l’éducation ! » 

Rapport sur la réunion de protestation des femmes afghanes contre les arrestations arbitraires et les enlèvements de militantes. 

Le 18 novembre, des centaines de femmes des provinces de Kaboul, Herat, Laghman et Balkh avaient prévu de protester contre l’arrestation et l’enlèvement de femmes par la police et les services de renseignement des talibans, mais ces derniers ne les ont pas autorisées.

Elles ont donc été contraintes d’exprimer leurs protestations dans des réunions d’appartement pour faire entendre leur révolte contre l’oppression au peuple afghan et au monde entier. Nous publions ici un résumé du discours de Mme Z. Ozra, la représentante du Mouvement spontané des femmes afghanes lors d’une réunion tenue à Kaboul : 

« Chères amies et chères sœurs, 

Les sœurs réunies ici voulaient organiser aujourd’hui une manifestation dans les rues du douzième district de Kaboul, auquel d’autres sœurs : enseignantes, féministes, militantes des droits des femmes et mères d’élèves, devaient également participer. Malheureusement, les talibans ont une fois de plus traité les femmes avec brutalité. Ils ont réprimé notre manifestation et ne l’ont pas autorisée. De la même manière, certaines sœurs qui ont manifesté dans les villes de Jalalabad, Herat, Mehtarlam Baba et Balkh ont été battues et menacées avec des armes, certaines ont été emprisonnées. 

Mais je tiens à souligner et à dire aux talibans qu’ils ne pourront pas faire taire nos voix. Les femmes et les jeunes filles d’Afghanistan veulent du pain, du travail, la liberté, l’école et l’éducation. Nous ne voulons pas être traitées comme des animaux, nous ne pouvons tolérer la violence sexiste et l’apartheid sexuel à l’égard des femmes. Nous sommes déterminées à poursuivre nos protestations et notre lutte sous quelque forme que ce soit. Nous n’avons pas peur des menaces des talibans, de la prison et de la mort. 

Nous attendons des organisations de défense des droits de l’homme, des défenseurs des droits des femmes et des activistes féministes qu’ils soutiennent les femmes opprimées d’Afghanistan contre le régime misogyne des talibans et qu’ils ne nous laissent pas seules dans cette lutte difficile. 

• LE PAIN, LE TRAVAIL ET LA LIBERTÉ !
• Libérez toutes les femmes emprisonnées !
• Réouverture immédiate de toutes les écoles de filles !
• Arrêt de la violence contre les femmes ! » 


Libérez Zarifa Yaqoubi, Farhat Popalzai et toutes les militantes arrêtées !

Dans la lignée d’une série de menaces, d’arrestations, de tortures et de meurtres de manifestantes à Kaboul et dans d’autres provinces de l’Afghanistan, Farhat Popalzai, membre active du « Mouvement spontané des femmes afghanes », a été arrêtée par les services de renseignement talibans le 8 novembre 2022 à Kaboul. À l’heure qu’il est, nous ne savons rien du sort qui lui a été réservé. 

Selon un rapport de BBC-Dari, cité par Maryam Naibi, une collègue de Farhat Popalzai, son téléphone est éteint depuis le 8 novembre, 14 heures, et tout lien avec elle est interrompu. Les forces de sécurité des talibans et la police de Kaboul refusent, comme toujours, d’admettre l’arrestation de Mme Popalzai. Mais le fait est que les services de renseignement des talibans cachent les arrestations arbitraires pour empêcher des manifestations nationales et internationales contre le traitement brutal qu’ils infligent aux femmes afghanes. Ils ne peuvent accepter les luttes politiques civiques et pacifiques des femmes afghanes. 

Pendant ce temps, des organisations des droits de l’homme ont signalé les arrestations de plusieurs femmes : Mmes Ozra, Parwaneh, Farzia, Safia, Roheena, Asia, Mahtab, Laila, Bibi Shaima, Parvin, Brishna, Tarana, Bibi Lima, Marzia et Shaghofa dans les provinces de Kaboul, Herat, Laghman et Takhar. Selon leurs familles, les militantes féministes et enseignantes mentionnées ont été arrêtées par les talibans et emmenées dans des lieux inconnus en octobre et novembre, parce qu’elles avaient participé à des manifestations de femmes. 

Zabihullah Mujahid, le porte-parole des talibans, a prétendu que la lutte et la résistance des manifestantes sont une stratégie téléguidée par des puissances étrangères pour discréditer le gouvernement taliban et il a prévenu qu’il ne sera autorisé aucun mouvement allant à l’encontre des lois islamiques. 

Il faut rappeler que le 3 novembre, Zarifa Yaqoubi et quatre de ses collègues ont été arrêtées durant une conférence de presse dans l’ouest de Kaboul et que leurs familles n’ont toujours aucune nouvelle d’elles. La Mission d’assistance des Nations unies en Afghanistan (MANUA) et des organisations pour la défense des droits de l’homme et des droits des femmes, en Afghanistan et dans d’autres pays, demandent la libération immédiate de Zarifa Yaqoubi et de toutes les autres femmes emprisonnées. 

En plus des prisons officielles, les talibans ont des prisons privées dans lesquelles ils torturent leurs opposants et les manifestantes, les empêchent d’être en contact avec leurs familles et avec des organisations de défense des droits de l’homme ou d’avoir un avocat. « Nous vous invitons à exprimer votre solidarité et à vous tenir aux côtés des femmes d’Afghanistan » 

Le Mouvement spontané des femmes afghanes, en condamnant l’arrestation des manifestantes et le traitement inhumain qui leur est réservé, appelle toutes les organisations pour les droits des femmes et toutes et tous à faire pression sur le régime misogyne des talibans : pour mettre fin aux arrestations et à la torture des manifestantes et pour la libération immédiate de Zarifa Yaqoubi et de ses collègues, de Popalzai et des dizaines d’autres manifestantes dans les prisons des talibans. Nous vous invitons à exprimer votre solidarité et à vous tenir aux côtés des femmes d’Afghanistan. 

Les talibans doivent savoir qu’en réprimant, emprisonnant, torturant et tuant des femmes ils n’arriveront pas à réduire au silence la voix de la liberté et de l’égalité des femmes afghanes. Le Mouvement spontané des femmes afghanes est un mouvement indépendant de femmes en Afghanistan qui, en coordination avec d’autres groupes de femmes afghanes, continue à lutter pour la liberté, les droits civiques et le droit à la vie des femmes afghanes. 

Mouvement spontané des femmes afghanes,
11 novembre 2022, Kaboul, Afghanistan 

FRANCE

Parmi les deux cents premières adhésions au Comité international, en France, ont été reçues celles de : Mohamed Abdi Tahir, association Solidarité franco-somalienne, Le Relecq-Kerhuon ; Auriane Aït Lasri, maire-adjointe PCF de Douai ; Natalia Andrade, femme travailleuse, mère de famille, étu- diante en droit, université de Limoges ; Néjia Bacha, avocate ; Nassera Benmarnia, adjointe au maire de Marseille, divers gauche ; Arno Bertina, écrivain ; Ariane Bois, romancière et journaliste ; Lionel Borée, conseiller municipal des Mureaux ; Nicole Bouexel, Mouvement de la paix, Malakoff ; Morgane Bougeard, restauratrice, Brest ; Rony Brauman ; Fernand Carré, cheminot, LFI, Chartres ; Dominique Carton, militante PCF, Clichy ; Nathalie Caudron, syndicaliste territoriaux ; Anne Champigny, militante associative ; Martine Chenet, élue municipale à Rozérieulles ; Claude Cognault, militant associatif ; Laetitia Delbe, pédiatre ; Marie-Hélène Delavaux-Roux, maîtresse de conférences (université de Brest) ; Célestine Denèle, secrétaire de l’association féministe « Patin collectif » (à titre personnel) ; Nathalie Desjacques, syndicaliste ; Amandine Dhée, écrivaine ; Mama Doucouré, conseillère municipale de Montreuil, déléguée aux droits des femmes ; Martine Duthe, syndicaliste CGT ; Lydia Frentzel, élue écologiste (Marseille) ; Natacha Gallego, militante LFI ; Annick Galliani, déléguée CGT Carsat (Marseille) ; Solène Gaudin, maître de conférences (université Rennes-2) ; Olivia Gazalé, philosophe féministe ; Riva Gerchanoc, présidente de Combat laïque, combat social – Fédérer le peuple (Clcs-Flp) ; François Goglins, PS, maire de Villemanoche (89) ; Sylvie Gohier, secrétaire de l’UL CGT de Dreux ; William Gohier, militant syndicaliste anticapitaliste ; Zohra Hassoun, femme ; Marie-Laure Henner, syndicaliste SUD Éducation ; Brigitte Jeannot, avocate ; Sandra Lamotte, syndicaliste ; Anne-Catherine Levecque, secrétaire nationale du POID ; Marie Maher, écrivain ; Naïma Maoui, enseignante ; Émilie Marche, conseillère régionale LFI Rhône-Alpes ; Catherine Marchi, collectif Droits des femmes ; Pascal Mazet, conseiller régional PCF Occitanie ; Danielle Merian, avocate ; Guillaume Meurice, humoriste ; Florence Montreynaud, historienne ; Brigitte Moranne, syndicaliste, fédération CGT santé ; Isabelle Mulquin, syndicaliste ; Françoise Oriol, militante associative ; Élisabeth Ornago, syndicaliste ; Véronique Parisot, maître de conférences (université de Bourgogne) ; Céline Prier-Cheron, syndicaliste enseignante ; Kalila Sevin, militante LFI, suppléante du député Manuel Bompard ; Christelle Simon, secrétaire du syndicat CGT des affaires scolaires (Paris) ; Geneviève Simon, syndicaliste ; Claude Theil, retraité, Parti socialiste ; Nadia Tiar, avocate ; Clothilde Vega-Ritter, conseillère municipale socialiste, Clichy ; Catherine Weinzaepflen, écrivain ; Jérémy Zorzer-Pépi, syndicaliste CGT.

GRANDE-BRETAGNE

Parmi les premières adhésions au Comité international, en Grande-Bretagne (à titre personnel) : Jo Rust, Secrétaire de l’Union locale des TUC de King’s Lynn, conseillère municipale indépendante ; Ian Hodson, Président du syndicat de l’alimentation et de la boulangerie BFAWU ; Sarah Woolley, Secrétaire Générale du BFAWU ; Andrea Egan, Présidente nationale de UNISON ; Libby Nolan, Vice-présidente de UNISON ; Amerit Rait, Vice- président de UNISON ; Jane Doolan, membre de la Commission exécutive nationale de UNISON, secrétaire de la section d’Islington ; Rebecca Brookman, Commission exécutive nationale de UNISON ; John McInally, Ancien Président du syndicat PCS, Jane Gebbie, syndicaliste Unite et Leader adjointe du groupe des élus Labour conseil municipal de Bridgend ; Shiraz Durrani, Labour Party Tottenham; Margaret K. Taylor, Trésorière de l’Union locale des TUC de Rochdale ; Mike Calvert, secrétaire adjoint UNISON Islington ; Makbule Gunes, Conseiller municipal Labour de Tottenham ; Cathy Brennan, section Labour de Hornsey & Wood Green; Jo Alexander section Labour de Tottenham ; Avril Baker, section labour de Hornsey & Wood Gree ; Stefan Cholewka, Secrétaire de l’Union locale des TUC de Rochdale ; Diana James, Secrétaire adjointe, Islington UNISON ; Briony Densham, secteur scolaire Islington UNISON; Charles Charalambous, Labour Internationalist ; Fiona Monkman, Présidente UNISON Islington ; Melanie Kitchen, Présidente de l’Union locale des TUC de Oldham ; Alan Davies, Secrétaire de l’Union locale des TUC de Oldham ; Henry Mott, Unite Southwark ; Carmel Cadden, Labour party Tottenham ; Tony Rimmer, Unite Community Branch Liverpool; Audrey White, Secrétaire de Liverpool Contre la guerre ; Jackie Yems, Unite Branch 1431 ; Sheila Coleman, Unite Liverpool ; Anna Rothery, Unite, conseillère municipale indé- pendante de Liverpool ; Sam Gorst, Conseiller municipal indépendant de Liverpool ; Gerard Woodhouse, Conseiller municipal de Liverpool ; Peter Durrant, Unite ; Nick Phillips, Unite, Lambeth et Southwark ; Phil Maxwell, réalisateur ; Hazuan Hashim, réalisateur; Doreen McNally, Liverpool Unite Community branch ; Paul Filby, secrétaire de la section construction de Unite, Liverpool ; Sabrina Bryan, commission femmes UNISON Islington ; Mick Gilgunn, conseiller municipal Labour Islington ; Karen Bellion, Labour de Liverpool Walton ; Jo Thomas, Labour Clwyd West ; Mark Blake, Conseiller municipal, Labour de Hornsey & Wood Green ; Noeleen Grattan, UNISON Haringey et section Labour de Hornsey & Wood Green ; Margot Leicester, section Labour de Hornsey & Wood Green ; Keith Dobie, Haringey & Barnet Unite Community ; Mel Lee, UNISON Islington. Organisations syndicales : Islington UNISON Branch Committee ; Unite the Union Greater Manchester Unite Social Action Branch NW/389.

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